Vivre au loin c'est également essayer de comprendre les mentalités de notre nouvelle terre d'accueil... et ce n'est pas toujours facile de percer certains mystères.
En arrivant au Brésil, nous nous étonnions de rencontrer tellement de Tanguy. La plupart de nos amis et collègues sont restés ou restent à la maison jusqu'à 35 ans... soit quelques années de plus avant de se faire cataloguer comme Tanguy en Belgique. Mais ce n'est pas fini ! Le brésilien peut rester habiter chez papa-maman, tout en ayant une copine depuis 10 ans...
Mais petit à petit, nous avons fini par comprendre le comment du pourquoi de la chose. En fait c'est très simple: it's all about the money.
Tout d'abord il faut savoir qu'emprunter est super cher au Brésil. Pour acheter son bien, il faut le faire de préférence cash. Pour cela, il n'y a pas beaucoup de solutions, mis à part travailler comme un forcené et limiter les coûts... et donc de continuer à vivre chez papa et maman.
Pour augmenter son capital, le brésilien va donc se lancer très rapidement dans une vie professionnelle intense. Il n'hésitera pas à continuer à étudier le soir pour cumuler les diplômes et espérer une plus belle carrière et de meilleurs salaires. La majorité des diplômés brésiliens ont d'ailleurs 2 diplômes. Et cela va dans tous les sens. Des kinés qui étudient la médecine pour gagner plus, ou des joailliers qui deviennent ingénieurs.
Pour augmenter son capital, le brésilien va donc se lancer très rapidement dans une vie professionnelle intense. Il n'hésitera pas à continuer à étudier le soir pour cumuler les diplômes et espérer une plus belle carrière et de meilleurs salaires. La majorité des diplômés brésiliens ont d'ailleurs 2 diplômes. Et cela va dans tous les sens. Des kinés qui étudient la médecine pour gagner plus, ou des joailliers qui deviennent ingénieurs.
Petite parenthèse. Cette course vers les diplômes a un effet pervers. Les bonnes universités sont les universités publiques avec des examens d'entrée. Ce sont d'habitude les riches qui peuvent y entrer car ils ont bénéficié d'un enseignement secondaire privé de bien meilleure qualité que les pauvres de l'école publique. Le monde à l'envers quoi. Du coup il y a une myriade d'universités privées qui ont ouvert leurs portes pour absorber cette énorme demande de diplômes. La qualité de ces enseignes est nettement moindre que leurs homologues publiques et devinez qui est la victime de ce système ?
Seconde parenthèse. Ce rush vers une carrière a tout de même certains "avantages". Les femmes brésiliennes font donc carrière avant de faire des enfants. C'est pas mal pour la rémunération, car la femme pense aux enfants entre 35 et 45 ans, quand elle a déjà pu grimper certains échelons. Reprendre après est également plus aisé, car les nombreuses nounous et aides ménagères aident la femme brésilienne à garder le cap. Par contre, cela doit être l'horreur pour ceux et celles qui ont des difficultés à avoir des enfants... et cela, on ne peut le savoir qu'après avoir essayé... c'est probablement pour cela qu'il y a tant de jumeaux ici.
Pour revenir à nos petits Tanguy. Sachez que le Brésil est passé par des jolies crises d'inflation de 1979 à 1994. Ceci n'a fait que renforcer la mentalité citée ci-haut. Le brésilien donne l'impression de vouloir se prémunir des crises futures. Tout peut arriver, à n'importe quel instant. C'est probablement pour cela aussi que le brésilien a souvent un boulot, et une activité en parallèle (un second job dans un domaine totalement différent). En ces temps de crise économique et politique au Brésil, c'est en effet une bonne idée.
Ne vous étonnez donc pas d'arriver dans un pays de Tanguy... mais chapeau bas à cette jeunesse brésilienne qui fait tant de sacrifices quand le petit belge voit la vie de façon plus tranquille.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire