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mardi 12 août 2014

Home made

Disclaimer: cet article contient un peu de critique sur la société brésilienne, mais hey, ce n'est pas parce que nous vous faisons part de notre vision (très personnelle) du Brésil, que nous n'aimons pas le pays dans lequel nous vivons heureux !

Nous sommes arrivés au Brésil fin octobre 2011, il y a donc bientôt 3 ans. Que le temps passe vite ! Trois années, cela veut dire que nos enfants ont déjà vécu plus de temps sous le soleil du Brésil, que sous les nuages de notre petite Belgique. Nous nous sommes bien adaptés et aimons notre vie brésilienne, même si nous serons super contents de retrouver une vie belge d'ici quelques mois.

C’est l’occasion de vous faire part de quelques petites observations sur la société brésilienne ou sur notre adaptation ici. L’implication de la qualité et du coût de la nourriture est le premier exemple que nous voulons partager avec vous.

En 2011 nous découvrions un nouveau pays et il fallait s’y habituer. Dans un monde cosmopolite et mondial comme celui du XIième siècle, il n'est pas nécessaire de changer toutes ses habitudes, car on trouve tout ce que l'on veut dans une ville de 5 millions d'habitants. Nous avons donc pu garder notre mode alimentaire autour «du pain, du boursin et du vin », bien qu'il ne soit pas totalement compatible avec le mode de vie local:

·        Pour le pain, il n'y a que du pain blanc ou le pão de forma (pain industriel et sucré, emballé dans du plastique). Après pas mal de recherches, nous avons trouvé les rares boulangeries qui font tout notre bonheur avec du pain qui mérite ce nom (casa Bonomi, Verdemar). Le verso de la médaille est que ce bonheur coûte au moins 10€ le kilo...

·        Pour le fromage c’était plus simple. Nous trouvons toutes sortes de fromages ici, mais comme tout produit importé, il est environ 2 fois plus cher (vive les taxes d’importations). Au début nous achetions beaucoup de fromages de chez nous, sauf qu'à la longue, nous avons découvert les fromages locaux. Certes, ils ne valent pas un bon puant français, mais nous nous sommes habitués au requejão et les nombreuses variétés des quejos mineiros. Ce n'est pas pour rien que l'état du Minas Gerais est connu pour ses fromages et il y a donc moyen de trouver un certain bonheur.

·        Pour le vin, pareil que pour les fromages. Le brésilien consomme surtout du vin chilien et argentin, car les vins locaux sont en comparaison moins bon pour le même prix. Le Brésil commence à développer sa viticulture et nous nageons un peu à contre courant en essayant de stimuler les produits locaux, en achetant du vin brésilien. Mais avec Antoinette qui est soit enceinte, soit allaitante, il faut avouer que notre consommation n'est pas des plus grandioses...

Notre mode de vie et notre façon de consommer a fort évolué depuis nos débuts brésiliens. Mis à part l'expérience et la découverte de bons tuyaux, il y a également d'autres facteurs prépondérants. La qualité des produits ici n’est pas comparable à ce que vous trouvez dans les étales belges. Il nous semble qu'il n’y a pas beaucoup de contrôles alimentaires. Ainsi, on retrouve régulièrement des contaminants dans le lait de grandes enseignes, comme ce fut le cas avec de l'urée (qui contient du formol, un produit cancérigène) en 2013. En fait, les transporteurs de lait sont payés par rapport au volume de lait qu’ils transportent des fermes aux usines. Ces petits malins n’ont donc  pas trouvé mieux que de gonfler leur volumes de livraison (et donc leurs bénéfices) en ajoutant une mélange d'eau et d'urée au lait. Le lait est ainsi dilué et l'urée devrait éviter une modification de la texture et de la quantité de protéines contenu dans le lait d'origine. Le pire c’est que cette histoire n’a pas soulevé beaucoup de poussière et que ce n'est pas un cas isolé. Ce n’est pas aussi grave qu'en Chine bien sûr, mais bon, cela reste un tantinet inquiétant.
Connaissant cette petite anecdote, nous nous imaginons facilement que la viande doit également être pleine d’hormones et les légumes plein de pesticides. C'est en tous cas notre déduction d'une société qui recherche le profit à tout prix, sans se soucier du bien-être de ses consommateurs. L'absence de contrôles systématiques n'arrange pas les choses. Pour couronner le tout, la nourriture que nous retrouvons ici est pleine de conservateurs et tout est toujours 1000 fois plus salé. Même la panade d’Alexine à la crèche est salée ("légèrement" salé selon la nutritionniste, mais fort salé selon nous), et ce malgré que cela fait 2 ans que l’ONE brésilien prescrit l’usage de sel avant l’âge de 1 ans. Les panades pour bébés Nestlé produites au Brésil sont également (super fort) salées, tandis que leurs homologues belges de la même marque ne le sont pas. Raar maar waar...

Prenons encore l'exemple du lait. Tous les laits en Tetrabricks contiennent quatre (4!) stabilisants déclarés, par rapport à zéro en Belgique:
- citrate de sodium
- monophosphate de sodium
- diphosphate de sodium
- triphosphate de sodium

Ces stabilisants devraient prolonger la durée des couleurs, mais aussi de la structure des émulsions d'eau et de corps gras, mais pourquoi n'y en a-t-il pas dans le lait belge et bien dans le lait brésilien ?

Pour remédier à ces problèmes de qualité, nous avons tout doucement commencé à faire pas mal de choses maison. Ainsi nous évitons les produits industriels et nous contrôlons donc mieux ce qui arrive dans notre assiette. Nous savons ce qu'il y a dedans (100% naturel), même s'il n'y a pas beaucoup de choix dans les aliments de base (pour la farine il n'y a que de la blanche et de la complète). Cela fait également une sacré économie, vu les prix exorbitants pour certains aliments.
Après des débuts pénibles, nous avons trouvé le bon mélange pour faire notre pain complet ou aux olives. L'absence de farines n'est pas évident, mais nous essayons d'y remédier en ajoutant des mélanges de graines. C'est François qui est devenu le boulanger de la famille, et il fait aussi le choco maison à base de chocolat belge. Antoinette s'est spécialisée dans les confitures (fraises-mangues, bananes, kaki), et les yaourts et autres desserts lactés. C'est également Antoinette qui fait les pizzas, les biscuits pour les enfants, et autres pâtisseries. La liste des home made devient de plus en plus longue, à notre grande satisfaction. Avez-vous d'autres idées ?


Nous aimerions bien aller plus loin encore et prendre exemple aux Locavores (que nous avons appris à connaître par l'émission "200 km à la ronde", merci Mathieu et Nora pour le lien) et manger du bio local. C'est un concept qui nous plaît vraiment et que nous avions commencé a expérimenter dans notre vie de bobo bruxellois avec notre petit marché bio de la place Flagey... Nous approfondirons le sujet à notre retour car ici c'est un peu plus difficile. Il y a du bio, mais personne ne sait ce que c'est exactement, ni d'où cela vient, ni ce que cela vaut. En tous cas nous n'avons pas encore rencontré quelqu'un qui pourrait nous en apprendre plus.

Nous ne pouvons pas clôturer cet article quelque peu critique, sans terminer sur quelques notes positives. Ce n'est pas parce que nous observons des différences par rapport à notre vécu en Belgique que tout est moins bien ici. Le Brésil a également des avances et des points super positifs. Sur toutes les boîtes de lait (encore lui!) il est par exemple marqué que le lait maternel est recommandé jusque l'âge de 2 ans (voir encadré). L'utilisation de colorants et/ou arômes artificiels est également toujours indiqué sur les emballages.

Pour le reste, nous adorons le concept du restaurant au kilo, sauf que nous prenons plein de légumes et nettement moins de viande, tout le contraire des brésiliens. Un petit détail marrant, c'est que les brésiliens aiment combiner différents féculents sur leur assiette. Il est donc tout à fait normal de prendre du riz, des pommes de terre et des pâtes, ça aussi on s'y est fait !

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